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Chapitre 1
Le jour où je suis vraiment allé
jusqu'au bout, il faisait drôlement beau; oui, une belle matinée de mai.
Ce qui était super, c'est que j'avais gardé mon petit déjeuner dans
l'estomac et que j'avais vu un écureuil sur la pelouse pendant le cours
d'algèbre.
J'étais assis dans la rangée la plus
éloignée de la porte, tout contre la fenêtre, et j'ai vu l'écureuil
sur la pelouse. Elle est sacrément belle, la pelouse du lycée de
Placerville. Elle plaisante pas. Elle fonce droit jusqu'au bâtiment pour
venir vous faire "coucou". Personne n'a jamais essayé de
l'écarter du mur avec des plates-bandes de fleurs, des petits sapins ou
ce genre de merdier, du moins, pas pendant les quatre années que j'ai
passées au lycée. Que ça vous plaise ou non, elle arrive jusqu'aux
fondations de béton, et elle pousse tranquillement. C'est vrai qu'il y a
deux ans, à une réunion du conseil municipal, une vieille grognasse a
proposé que la ville fasse construire un monument en face de l'école, à
la mémoire des anciens élèves tombés sur un champ de bataille
quelconque. Joe McKennedy, mon copain, il y était et il m'a dit que tout
ce qu'elle a récolté, c'est de passer un mauvais quart d'heure. Dommage
que j'ai raté ça. De la façon que Joe en parle, cela devait être assez
rigolo. Il y a deux ans. Du mieux que je m'en souvienne, c'est à peu
près l'époque où j'ai commencé à perdre la boule.
Stephen King,
traduction Evelyne Châtelain |
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